Chronique et réflexions

Publié le par nw

Bon, voilà deux semaines que je vois ce qu'il se passe. En fait, il me semble que je suis terrorisé par cette pièce. Terrifiante, cette déshumanisation du Sauvage, répétant seul dans sa chambre ce que lui enseigne les X Commandements. Terrifiante, cette infirmière muette, ou plutôt ce chien de garde placide. Terrifiante, cette dame en rouge que l'on a du mal à situer. 

En fait, je crois que Le Sauvage me fait penser au communisme. L'ambiance est suffocante, intolérable. On croise le regard des autres, mais parler avec lui se fait en sourdine. On s'espionne les uns les autres, on complote fiévreusement, les Gentils comme les Méchants. Finalement, tous ces personnages qui cohabitent sont à mettre dans le même sac : pas un pour relever l'autre. On ne pense qu'à son boulot d'espion, ou à sa propre petite personne frustrée. 

Et malgré tout ces faits insupportables, l'ambiance communiste est soudain rompue. Un sourire sincère de la dame en rouge, un regard du Sauvage, un morceau du professeur. Chopin. Chopin, Chopin, Chopin ! Un soupçon de magnificience s'incruste. Tout s'arrête ; Chopin impose sa musique, sa musique s'impose. Mais jamais elle ne pourra atteindre l'infirmière. Non, décidemment, appelons-la le chien de garde une bonne fois pour toute. Le terrible chien, qui est trop animal pour assimiler une seule note, et se rendre compte qu'elle est délicieusement obsédante. Ce chien, clé de voûte de la pièce, représentant de l'intrigue de tout le drame, au service de son maître, de sa hiérarchie. 

En somme, au fil du Temps, Le Sauvage me paraît de plus en plus effrayant, mais c'est aussi ce qui me pousse à aller voir les répetet'. Masochisme moral ? Possible ;-)

Pierre
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Publié dans chronique des lycéens

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G
à l'intention de l'auteur de cette chronique:<br /> <br /> tu vises juste, si ça te dit et si tu peux, essaye de passer vendredi aux répéts, j'aimerais bien discuter avec toi de tout ça...<br /> <br /> A vendredi peut-être...
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